Faut-il reprocher à un jeu de marcher dans les pas d’un autre ? Port of Jumanah et Asgard’s Fall ne cachent pas leurs influences. Le premier regarde avec insistance du côté de Cult of the Lamb, tandis que le second reprend la formule popularisée par Vampire Survivors. Deux jeux familiers, parfois même un peu trop, mais qui tentent de faire voyager des mécaniques connues vers d’autres univers.
Port of Jumanah : Cult of the Lamb prend la mer
Développé par Red Dunes Games et Agate, Port of Jumanah nous place dans la peau de Mansour, un jeune pêcheur de perles. En ouvrant un mystérieux coquillage noir géant, celui-ci libère une menace tapie sous les eaux. Il devra dès lors explorer les profondeurs, combattre des créatures marines et rapporter suffisamment de ressources pour reconstruire son port.
Le jeu alterne ainsi entre des expéditions dangereuses et le développement d’un lieu servant de refuge. Sur le papier, la proposition possède une véritable personnalité. La plongée sous-marine, la gestion de l’oxygène, la recherche de perles et l’inspiration venue des traditions de la péninsule Arabique offrent un cadre encore assez peu représenté dans le jeu vidéo.
Pourtant, dès les premières minutes, une référence s’impose : Cult of the Lamb.

La direction artistique, les personnages aux formes arrondies, l’humour légèrement absurde et l’organisation générale de l’aventure rappellent fortement le jeu de Massive Monster. On retrouve surtout une boucle très proche : partir en expédition, affronter une succession d’ennemis, choisir des améliorations, récupérer des ressources puis revenir dans une base qui évolue progressivement.
La ressemblance ne concerne donc pas seulement l’apparence. Elle touche aussi à la manière dont le jeu construit son rythme, en faisant alterner action et développement d’un petit monde peuplé de personnages à recruter. Port of Jumanah donne parfois l’impression d’avoir remplacé la forêt et les rites occultes de Cult of the Lamb par un port, un navire et les profondeurs marines.
La comparaison devient alors difficile à éviter, peut-être même un peu trop. Mais elle ne condamne pas forcément le jeu. Là où Cult of the Lamb utilisait la gestion d’une communauté pour développer une satire des religions et des mécanismes d’embrigadement, Port of Jumanah s’intéresse davantage au voyage, à l’exploration et à la reconstruction. Les compagnons recrutés peuvent rejoindre le navire et apporter leur aide au cours des expéditions, tandis que les océans proposent des environnements et des espèces différents.
C’est précisément dans cet imaginaire maritime que le jeu peut trouver sa propre voix. Son univers coloré, ses dialogues humoristiques et son évocation de la pêche aux perles lui permettent de dépasser progressivement le simple hommage. Il aurait néanmoins gagné à prendre davantage de distance avec son modèle, notamment dans sa présentation et dans certaines mécaniques.
Asgard’s Fall : après Vampire Survivors, le déluge
Avec Asgard’s Fall, la filiation est encore plus directe. Le studio Soulpotion présente lui-même son jeu comme un « Survivors-like » : un roguelite dans lequel un héros affronte presque seul des hordes de créatures toujours plus nombreuses. Après une période d’accès anticipé commencée en avril 2025, le jeu est sorti en version complète le 9 septembre 2026.
Comme dans Vampire Survivors, les ennemis arrivent de toutes les directions et l’écran se remplit progressivement de projectiles, d’effets lumineux et de créatures. Le joueur se déplace, évite les attaques et construit peu à peu une combinaison de pouvoirs capable de repousser des vagues toujours plus importantes.
Le plaisir repose sur une idée très simple : commencer faible et terminer la partie en véritable catastrophe naturelle.

Vampire Survivors n’a pas inventé seul tous les éléments de cette formule, mais son succès a transformé le genre. De nombreux studios ont depuis repris son principe de combat automatique, ses améliorations régulières et ses parties courtes fondées sur l’accumulation de puissance. Asgard’s Fall appartient clairement à cette descendance.
Plutôt que de masquer cette parenté, il l’habille avec la mythologie nordique. Le joueur traverse les Neuf Royaumes, affronte leurs créatures et choisit parmi plusieurs héros, dont une guerrière et une chasseuse disposant chacune de leur propre arbre de compétences.
La principale différence vient de la place accordée à la progression. Son système de compétences permet d’orienter davantage la construction du personnage, tandis que la Toile du Wyrd invite à placer différents nœuds afin de modifier ses capacités. Cette représentation du destin emprunte directement au vocabulaire de la mythologie nordique et donne une forme thématique à la progression permanente du joueur.
Asgard’s Fall ne bouleverse donc pas le principe de Vampire Survivors. Il cherche plutôt à l’enrichir et à lui donner une nouvelle enveloppe. La mythologie nordique est certes devenue très présente dans le jeu vidéo, mais elle fonctionne particulièrement bien avec cette formule fondée sur la démesure, les hordes d’adversaires et la montée en puissance d’un héros.
Des alternatives plus accessibles au jeune public
Port of Jumanah et Asgard’s Fall reprennent des formules déjà bien installées, mais cette proximité peut aussi constituer un véritable avantage. Les joueurs qui connaissent Cult of the Lamb ou Vampire Survivors retrouveront immédiatement des mécanismes familiers, transposés dans des univers différents.
Port of Jumanah apparaît notamment comme une alternative intéressante à Cult of the Lamb pour un public plus jeune. Son monde maritime coloré, son humour et son récit autour de la plongée et de la reconstruction d’un port sont plus faciles à aborder que les thèmes liés aux cultes, aux sacrifices et aux rituels religieux.
Asgard’s Fall permet également de découvrir le principe popularisé par Vampire Survivors dans un cadre inspiré de la mythologie nordique. Malgré ses combats très présents, sa représentation en pixel art maintient une certaine distance avec la violence.
Ces deux jeux peuvent ainsi servir de portes d’entrée vers le roguelite. Ils ne cherchent pas nécessairement à réinventer leurs modèles, mais proposent des variations accessibles et immédiatement compréhensibles. Dans un contexte familial ou de médiation, cette familiarité devient même une force : elle permet de faire découvrir des mécaniques populaires à un jeune public à travers des contenus plus appropriés.
Âge conseillé : dès 10 ans pour Port of Jumanah et dès 12 ans pour Asgard’s Fall.




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